Préhistoire contemporaine 2008
Créer avec l’argile me confronte à quelque chose qui me dépasse, qui m’échappe et me traverse.
Chercher aux origines de l’art est pour moi une forme d’exploration de cet universel et de cet intemporel ressenti.
Je rends hommage à ces hommes ou ces femmes qui, il y a environ 25000 ans, sculptaient des figurines féminines.
Non pas pour exprimer ce que je sais mais plutôt, comme le disait Maurice Blanchot, pour éprouver ce que je ne sais pas.
Peut-être pour communiquer le frisson que je ressens devant ces vérités immortelles.
Peut-être pour effleurer du doigt le sacré.
Peut-être pour tisser un lien entre le monde et moi.
Particulièrement touchée par la Vénus de Lespugue et celle de Willendorf, je les laisse sous mes doigts parler à nouveau.
Qu’elles soient l’évocation de déesses ou d’ancêtres mythiques, des déesses-mères génératrices de vie et de mort permettant le passage du monde visible à l’invisible ou des déesses de la fécondité, qu’elles soient des représentations de prêtresses ou de personnages légendaires, des fétiches de protection ou de guérison, des symboles sexuels, des jouets d’enfants, des représentations d’un idéal esthétique, …
La matière donne vie au vide, à l’indicible, à l’ineffable.